Alimentation maison et BARF
La viande de porc crue ou peu cuite doit être évitée dans l'alimentation du chien à cause du risque, aujourd'hui rare dans les pays aux élevages contrôlés, du virus de la maladie d'Aujeszky (pseudo-rage), presque toujours fatale pour les chiens en contact avec de la viande infectée. La viande de porc peut être incluse dans une alimentation maison seulement si elle est bien cuite ; dans la BARF, elle reste un ingrédient à éviter ou à utiliser avec une extrême prudence, uniquement issu de filières aux garanties vérifiables.
La viande de cheval est une protéine maigre, riche en fer et peu courante dans l'alimentation habituelle des chiens nourris avec des aliments industriels, ce qui en fait un choix fréquent dans les régimes d'éviction ou faits maison pour les chiens suspectés d'allergie alimentaire à des protéines plus répandues comme le poulet ou le bœuf. Comme toute « protéine nouvelle » dans la gestion des allergies, son efficacité dépend du fait que le chien n'y ait jamais été exposé auparavant.
La spiruline, une algue bleue riche en protéines, fer, antioxydants et acides gras essentiels, est un complément utilisé en petite quantité dans l'alimentation ménagère du chien et du chat pour un possible soutien antioxydant et immunitaire, avec des preuves scientifiques encore limitées mais prometteuses dans la littérature vétérinaire. Elle doit être introduite progressivement, en poudre ou en comprimés, en commençant par des doses minimes pour vérifier la tolérance individuelle.
La transition des croquettes vers une alimentation fraîche maison doit se faire progressivement sur 7 à 10 jours, en augmentant peu à peu la part de nourriture fraîche et en réduisant celle des croquettes, pour laisser le système digestif du chien s'adapter au nouveau type d'alimentation. Un changement trop brutal est la cause la plus fréquente de selles molles ou de diarrhée dans les premiers jours de la transition.
Un régime « sans glucides » pour chien, souvent associé au BARF, signifie presque toujours en pratique une alimentation à très faible teneur en glucides plutôt qu'un zéro absolu, car des traces de glucides sont souvent présentes dans certains légumes ou abats inclus dans la recette. Le chien n'a pas de besoin diététique essentiel en glucides démontré, mais cela ne signifie pas qu'un régime pauvre en glucides est automatiquement équilibré sur tous les autres nutriments.
Le riz et la pomme de terre sont des sources de glucides couramment utilisées dans la ration ménagère cuite du chien et doivent toujours être cuits complètement avant d'être servis, sans sel ni assaisonnement, car crus ils sont peu digestibles et, dans le cas de la pomme de terre, contiennent de la solanine en quantité significative dans la peau et les parties vertes. Le riz doit être bouilli jusqu'à cuisson complète, tandis que la pomme de terre doit toujours être épluchée et cuite, jamais servie crue.
Le régime en rotation consiste à alterner périodiquement différentes sources de protéines et recettes complètes dans l'alimentation du chien, plutôt que de garder toujours la même combinaison, dans le but de diversifier le profil nutritionnel global et de réduire le risque de développer dans le temps une sensibilisation à une seule protéine. Chaque recette alternée doit rester complète et équilibrée par elle-même, pas juste un ingrédient différent inséré dans la même structure.
Un régime d'éviction fait maison pour le chien repose sur une seule source de protéines et une seule source de glucides jamais données auparavant à l'animal, maintenues rigoureusement pendant 8 à 12 semaines sous contrôle vétérinaire, pour vérifier si les symptômes d'une suspicion d'allergie alimentaire s'améliorent. C'est une démarche diagnostique rigoureuse, pas un régime à démarrer seul sans encadrement, car la moindre contamination peut en compromettre la fiabilité.
Le régime BARF pour le chien repose sur une proportion indicative de 80 % de viande musculaire, 10 % d'os charnus et 10 % d'abats (moitié foie, moitié autres abats), calculée sur le total calorique de la ration, et non sur le seul poids des ingrédients. Respecter ces proportions dans la durée, pas à chaque repas, est l'objectif réaliste pour une alimentation équilibrée.
Les recettes ménagères cuites trouvées en ligne pour chiots comportent un risque de déséquilibre nutritionnel plus élevé que pour un chien adulte, car la phase de croissance demande un apport précis en calcium, phosphore et énergie qu'une recette générique respecte rarement sans être formulée sur mesure. Pour un chiot, une ration ménagère doit toujours être établie ou révisée par un vétérinaire nutritionniste, pas suivie à partir d'une recette trouvée en ligne au hasard.
Le rapport Calcium/Phosphore idéal dans l'alimentation du chien adulte se situe indicativement entre 1:1 et 2:1, avec une valeur pratique souvent citée autour de 1,2-1,4:1. Une viande musculaire sans os est naturellement riche en phosphore et pauvre en calcium, si bien qu'une ration ménagère sans source de calcium adéquate (os charnus ou complément) risque facilement un déséquilibre de ce rapport.
Certains poissons crus, en particulier des espèces d'eau douce et certains poissons marins comme le maquereau consommés en grande quantité et régulièrement, contiennent de la thiaminase, une enzyme qui détruit la thiamine (vitamine B1) et peut entraîner une carence si le poisson cru occupe une part importante et régulière de l'alimentation. La cuisson inactive la thiaminase, ce qui fait du poisson cuit le choix le plus sûr pour un usage fréquent, tandis que le poisson cru doit être varié et limité en fréquence.