Alimentation maison et BARF
La taurine est un acide aminé essentiel pour le chat, que son organisme ne parvient pas à synthétiser en quantité suffisante seul, contrairement au chien : une alimentation maison cuite sans supplémentation adaptée en taurine expose le chat à un risque de carence, avec des conséquences cardiaques et oculaires possibles dans le temps. La cuisson réduit encore la taurine naturellement présente dans la viande, rendant la supplémentation d'autant plus importante.
La spiruline, une algue bleue riche en protéines, fer, antioxydants et acides gras essentiels, est un complément utilisé en petite quantité dans l'alimentation ménagère du chien et du chat pour un possible soutien antioxydant et immunitaire, avec des preuves scientifiques encore limitées mais prometteuses dans la littérature vétérinaire. Elle doit être introduite progressivement, en poudre ou en comprimés, en commençant par des doses minimes pour vérifier la tolérance individuelle.
Certains poissons crus, en particulier des espèces d'eau douce et certains poissons marins comme le maquereau consommés en grande quantité et régulièrement, contiennent de la thiaminase, une enzyme qui détruit la thiamine (vitamine B1) et peut entraîner une carence si le poisson cru occupe une part importante et régulière de l'alimentation. La cuisson inactive la thiaminase, ce qui fait du poisson cuit le choix le plus sûr pour un usage fréquent, tandis que le poisson cru doit être varié et limité en fréquence.
La levure de bière inactivée (pas la levure vivante de boulangerie) est un complément courant pour chiens et chats, appréciée comme source de vitamines du groupe B et de certains minéraux pouvant contribuer à la santé du pelage et de la peau, même si les preuves scientifiques d'un bénéfice précis et mesurable restent limitées. Elle doit toujours être utilisée inactivée et en petites quantités, en surveillant d'éventuelles réactions allergiques, rares mais rapportées chez certains animaux sensibles.
Les erreurs les plus courantes dans les régimes maison faits sans accompagnement pour chien et chat concernent l'absence d'une source de calcium dédiée, un rapport calcium/phosphore non vérifié, un apport calorique non calculé sur le besoin réel de l'animal et des recettes copiées sur internet sans les adapter à l'animal précis. Un régime maison peut être sûr et complet, mais demande des calculs précis, pas seulement du bon sens et des ingrédients de qualité.
Oignon, ail, poireau et échalote (crus ou cuits) endommagent les globules rouges du chat et peuvent provoquer une anémie, tandis que le raisin et les raisins secs, bien que moins documentés chez le chat que chez le chien, sont couramment évités par prudence. Le chat est en outre un carnivore strict qui tire peu de bénéfice nutritionnel des fruits et légumes, raison pour laquelle ces aliments ne doivent jamais être considérés comme une composante nécessaire de son alimentation.
La congélation préventive de la viande crue destinée à l'alimentation BARF du chien et du chat, généralement pendant au moins 3 à 4 jours à -18 °C ou moins, réduit le risque de parasites comme les larves de certains cestodes et nématodes présents dans la viande et le poisson crus, sans toutefois éliminer le risque bactérien (comme la Salmonelle), qui doit être géré par d'autres bonnes pratiques d'hygiène. Les sources ne s'accordent pas toutes sur une durée unique : certaines recommandations plus prudentes suggèrent jusqu'à 7 jours pour les viandes les plus à risque.
La citrouille cuite, sans peau ni assaisonnement, est un aliment couramment utilisé pour aider chiens et chats aussi bien en cas de constipation que de diarrhée légère, grâce à sa teneur en fibres solubles qui régule la consistance des selles dans les deux sens. Les doses indicatives vont de quelques cuillères à café pour les chats et petits chiens à quelques cuillères à soupe pour les grands chiens, mais un trouble digestif persistant doit toujours être évalué par le vétérinaire.
Le cœur, qu'il soit de bœuf ou de poulet, est classé dans l'alimentation BARF comme viande musculaire et non comme abat, malgré ce que son nom pourrait suggérer : sur le plan nutritionnel, il se comporte en effet comme un muscle à haute activité, riche en protéines, en fer et en taurine. Cette distinction est importante pour ne pas fausser les proportions de la recette, car des abats comme le foie et les reins ont des pourcentages maximums différents de la viande musculaire.
Le bouillon d'os, obtenu par une longue cuisson d'os (souvent avec un peu de vinaigre de cidre pour favoriser la libération des minéraux), est un complément alimentaire naturel riche en collagène et en glucosamine, souvent utilisé en soutien des articulations du chien et du chat, toujours sans sel, ail ni oignon. Il reste un complément de l'alimentation, pas un substitut à un traitement vétérinaire en cas de problème articulaire diagnostiqué.
Chocolat, raisin et raisins secs, oignon et ail, xylitol, alcool et noix de macadamia figurent parmi les aliments les plus courants et dangereux pour le chien et le chat, avec un seuil de toxicité qui varie selon le poids de l'animal et la quantité/concentration ingérée, et non une valeur fixe identique pour tous. En cas d'ingestion suspectée ou confirmée, le contact immédiat avec le vétérinaire ou un centre antipoison compte plus que n'importe quel tableau de doses.
Le blanc de dinde et le bœuf sont deux sources de protéines valables pour l'alimentation maison du chat, mais leur teneur en matières grasses diffère nettement (plus basse pour la dinde) tout comme certains profils nutritionnels, ce qui rend chacune plus ou moins adaptée selon le besoin énergétique du chat. Aucune des deux ne doit rester la seule source de protéines sur le long terme, pour préserver la variété nutritionnelle globale.